Note importante : Cet article fait partie d'une série en plusieurs parties sur la motivation. Si vous n'avez pas lu les articles précédents, je vous invite à le faire avant de lire celui-ci.

Tous les articles de la série sont regroupés ici : https://deep-advices.com/serie-motivation/

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Dans l’article précédent, nous avons vu qu’il est essentiel de maîtriser 4 fondamentaux avant d’aller plus loin dans cette série. Ces derniers vous permettent d’acquérir une base solide sur laquelle vous reposer pour la suite.

Pour rappel, nous avons déjà vu les 2 premiers, qui sont :

1- Avoir une grande ouverture d’esprit face aux informations qui vous sont enseignées. Vous devez vous mettre dans une posture d’apprenti, mettre de côté vos convictions et être réceptif aux enseignements qui vous sont partagés.

2- Avoir une forte envie d’apprendre. Vous devez être déterminé dans votre démarche, et être prêt à vous impliquer totalement pour apprendre ces informations, et surtout les mettre en pratique par la suite.

Si vous n’avez pas lu le dernier article qui vous détaille ces 2 fondamentaux, je vous invite à aller le lire avant celui-ci en cliquant ici.

Dans l’article d’aujourd’hui, nous allons continuer en voyant le 3 ème fondamental.

Allons-y sans plus attendre !

Fondamental 3 – Les 4 niveaux de maîtrise

Dans le cadre de cette série, je vais vous inviter à considérer votre motivation comme une compétence.

Qu’est-ce qu’une compétence ?

C’est tout simplement une aptitude, un savoir-faire qui se développe par l’entraînement.

Dans la vie, il y a certaines compétences qui nous semblent évidentes. On sait tous par exemple qu’en s’entraînant, on peut apprendre à peindre, à parler anglais ou à jouer aux échecs…

Mais qu’en est-il de la motivation ?

Pour la plupart des gens, il ne leur vient même pas à l’esprit qu’on puisse la développer. Beaucoup pensent qu’elle est innée, et que si on ne l’a pas naturellement alors on ne peut pas l’acquérir.

Alors qu’en réalité, même s’il y a une petite part d’inné à la motivation (certains ont parfois tendance à être un peu plus motivés que d’autres naturellement), c’est avant tout une compétence qui se développe. Et absolument tout le monde peut l’acquérir… Même ceux qui partent de très loin à ce niveau-là au départ. J’en suis la preuve.

Mais pour y arriver, comme vous le savez maintenant, il va vous falloir maîtriser certains enseignements bien spécifiques, que je vous partage dans cette série.

Plus vous maîtriserez les enseignements de cette série, et plus vous développerez un grand niveau de motivation.

Mais pour cela, vous allez devoir passer par un processus en 4 phases.

Ces 4 phases sont la voie royale pour développer une motivation de très haut niveau, similaire à celle de sportifs internationaux, d’artistes qui sont capables de s’entraîner 12 heures par jour pendant plusieurs années, ou d’entrepreneurs qui arrivent à avoir un engagement total dans ce qu’ils font.

Bien entendu, cela ne signifie pas que vous devrez chercher à reproduire les résultats de ces personnes. Cela signifie simplement que vous aurez un niveau de motivation similaire au leur, et que vous pourrez l’utiliser pour les projets qui vous tiennent à cœur.

Mais pour y parvenir, vous allez devoir développer une maîtrise des enseignements partagés dans cette série. Le problème, c’est que la plupart des débutants, lorsqu’ils découvrent ces enseignements, restent à un niveau débutant… Ils ne cherchent pas à les maîtriser en profondeur, et en tirent au final très peu de résultats.

De votre côté, vous ne devez pas faire cette erreur. Comme je vous l’ai dit dans l’article précédent, plutôt que de chercher à maîtriser plein d’enseignements en surface, vous devez plutôt chercher à en maîtriser quelques-uns en profondeur. Vous devez vous imaginer comme un maître en arts martiaux, qui va essayer d’atteindre le plus haut niveau de maîtrise possible.

C’est le seul moyen d’atteindre de très hauts niveaux de motivation, et c’est ce qu’on va faire ici.

Voyons donc sans plus attendre les 4 phases par lesquelles vous devrez passer pour atteindre un niveau de maîtrise avancé des enseignements de cette série !

Phase 1 – L’incompétence inconsciente

Quand j’étais un peu plus jeune, avec mon meilleur ami on voulait se mettre au skate (skateboard).

On avait vu des vidéos sur YouTube de personnes qui faisaient des figures incroyables.

Du style, ça :

Quand on regardait les vidéos, ça paraissait facile… On était sûrs qu’avec un peu d’entraînement, on arriverait à le faire aussi !

Mais quand on s’est retrouvés quelques jours plus tard avec nos skates, on s’est confrontés à la réalité. On a passé 2 heures à essayer de faire la figure la plus basique, le “ollie”. Cette figure consiste simplement à faire décoller la planche du sol par un saut basique, sans figure. Tout skateur qui se respecte sait la faire les mains dans les poches.

Normalement, elle ressemble à ça :

Mais nous, quand on la faisait, ça ressemblait plutôt à ça :

Jusque là, on ne se rendait pas compte qu’on ne savait pas la faire. C’est seulement là qu’on a réalisé notre incompétence. On était inconscients de notre incompétence. C’est pourquoi on dit qu’on était “inconsciemment incompétents”.

C’est une phase d’ignorance, où on ne sait pas qu’on ne sait pas faire.

Concernant la motivation, c’est exactement la même chose.

Lorsque vous êtes à cette phase, vous manquez de motivation, mais vous ne vous en rendez pas compte…

Et c’est le niveau le plus bas auquel vous pouvez être dans le développement de votre compétence.

Lorsque vous y êtes, vous ne réalisez même pas que vous avez besoin de travailler sur votre motivation. Vous ne pouvez donc entreprendre aucune action pour vous en sortir, et vous agissez comme s’il n’y avait aucun problème. Vous êtes dans un état d’ignorance.

Et c’est le stade où en sont la plupart des gens que vous croisez au quotidien… Ils passent leur temps à remettre à plus tard leurs projets et les choses importantes pour eux, mais n’en ont même pas conscience.

Ceci dit, de votre côté, vous pouvez vous rassurer. À ce stade, vous avez normalement déjà franchi cette phase. Le simple fait que vous suiviez cette série montre que vous avez un minimum pris conscience de votre besoin de développer votre motivation, et vous êtes déjà dans une démarche de recherche de solutions. Vous êtes donc à une des 3 phases suivantes.

2 – L’incompétence consciente

La phase 2 consiste à prendre conscience de votre incompétence, pour devenir “consciemment incompétent“.

Arrivé à ce stade, vous êtes toujours incompétent… Mais vous l’avez réalisé. Vous vous êtes confronté à la réalité. Vous savez qu’il y a une compétence que vous devez développer.

Pour reprendre mon exemple précédent avec le skate, cette prise de conscience s’est faite au moment où on est arrivés sur le terrain et qu’on a essayé de reproduire les figures qu’on voyait en vidéo, mais qu’on n’y arrivait pas du tout.

On s’est rendu compte qu’on était nuls (disons les choses comme elles sont) et qu’on devrait s’entraîner si on voulait devenir meilleurs… (Mais à cette époque on était jeunes et ça nous a vite découragés parce qu’on avait pas l’état d’esprit idéal pour progresser. On a arrêté après quelques séances…)

Et c’est l’erreur à ne pas faire à cette étape : vous ne devez pas vous décourager lorsque vous prenez conscience de votre incompétence. Au contraire, c’est une phase qui devrait être très motivante. Pourquoi ? Parce qu’en réalisant votre incompétence, vous vous rendez compte que vous pouvez progresser. Vous ne vous voilez plus la face sur vos zones de progrès. Au contraire, vous osez les regarder en face. Et à partir de là, vous pouvez vous entraîner et développer une par une les compétences qu’il vous manque.

Si la première étape était une phase d’ignorance, cette deuxième étape est une phase de prise de conscience. Vous acquérez une certaine lucidité sur votre situation.

Pour bien que vous compreniez cette phase, voici quelques exemples de prises de conscience dans différents domaines :

Vous êtes avec des amis, et l’un d’entre eux vous présente un ami à lui qui n’est pas français. Lorsque vous vous retrouvez face à lui, vous réalisez que vous êtes incapable d’échanger deux mots avec lui, à cause de la barrière de la langue.

À ce moment, vous avez un déclic : vous prenez conscience que vous ne savez pas du tout parler anglais. C’est là que vous devenez consciemment incompétent. Et cette réalisation va alors vous pousser à vous inscrire à des cours d’anglais pour apprendre la langue.

Mais à cet instant, même si vous avez eu l’impulsion de départ, votre prise de conscience n’est pas terminée. En travaillant avec votre prof, vous allez vous rendre compte petit à petit de toutes vos incompétences de manière plus spécifique : vous ne savez pas conjuguer les verbes, vous avez très peu de vocabulaire, votre prononciation des mots est très mauvaise, vous ne maîtrisez pas la liste des irréguliers, vous manquez de fluidité quand vous parlez… Et chacun de ces points correspond à lui seul à une incompétence sur laquelle vous allez pouvoir travailler. Et c’est en mettant votre attention sur ces incompétences que vous allez progresser, parce qu’elles correspondent à vos zones d’amélioration.

Un autre exemple : des amis vous invitent à sortir quelque part un soir, suffisamment tard pour qu’il n’y ait plus de transports en commun de disponibles. Vous réalisez alors que vous aimeriez pouvoir vous déplacer quand vous le voulez et où vous le voulez, sans compter sur les transports en commun. À ce moment, vous prenez conscience qu’il vous manque une compétence : le permis de conduire.

Vous vous inscrivez donc au code, et par la suite, durant votre apprentissage, vous allez réaliser de manière plus spécifique toutes vos incompétences : il y a certains panneaux que vous ne connaissez pas, vous avez du mal avec les règles de priorités au niveau des carrefours, certaines informations sur la sécurité vous échappent, vous ne maîtrisez pas certains chiffres comme la dose d’alcoolémie maximale autorisée, etc. À mesure de votre apprentissage, vous allez pouvoir prendre conscience de toutes les compétences qu’il vous manque, ce qui va vous permettre de travailler dessus pour les développer.

Un dernier exemple ? Allez ! Des amis vous invitent à une soirée avec un certain nombre de personnes que vous ne connaissez pas. Vous y allez, mais une fois sur place, vous réalisez que êtes incapable d’engager la conversation avec des inconnus.

Vous êtes bloqué dans vos ruminations :

“Mais qu’est-ce que je vais leur dire ?”

“Je vais être ridicule”

“Je sais pas comment engager la conversation, ça ne va pas être naturel…”

C’est à ce moment que vous prenez conscience de votre manque d’aisance sociale. Vous réalisez votre incompétence.

Vous allez donc, à partir de là, pouvoir faire des recherches sur internet pour savoir comment développer vos compétences relationnelles. Et en faisant vos recherches, vous allez réaliser de manière plus spécifique les compétences qu’il vous manque : le fait d’oser engager la conversation, votre répartie, votre humour, votre capacité à raconter de manière intéressante vos anecdotes, le fait de maintenir le contact visuel, votre écoute, votre langage corporel… Et en prenant conscience de toutes ces incompétences de manière spécifique, vous allez pouvoir travailler dessus et développer la “grande” compétence d’être à l’aise socialement.

Vous comprenez l’idée.

Comme vous l’avez remarqué, il y a souvent d’abord une grande prise de conscience générale, qui est suivie par des prises de conscience plus spécifiques.

Comment cela s’applique à cette série sur la motivation ?

Et bien c’est très simple : La “grande” prise de conscience, à ce stade, vous l’avez normalement déjà eue (comme je vous l’ai dit précédemment). Vous vous êtes par exemple peut-être rendu compte que vous remettez trop souvent à plus tard vos projets, ou que vous avez du mal à vous motiver pour faire vos séances de sport, ou encore que vous n’arrivez pas à tenir votre nouvelle routine matinale… En bref, vous avez réalisé que vous manquez de motivation dans certains contextes de votre vie (quels qu’ils soient), et qu’il vous serait utile de la développer.

C’est ce qui vous a ensuite poussé à chercher des solutions à ce problème sur internet, et c’est là que d’une manière ou d’une autre, vous avez découvert cette série.

Vous n’êtes donc plus à un stade d’ignorance totale. Vous avez déjà franchi la première étape. Et aussi bête que cela puisse paraître, c’est déjà un très grand palier de franchi, puisque la majorité des gens n’ont pas encore eu cette prise de conscience.

Maintenant, pour acquérir cette motivation, comme vous le savez désormais, vous allez devoir maîtriser certains enseignements bien spécifiques. Et chacun des enseignements de cette série (à commencer par les fondamentaux que nous sommes en train de voir) est une compétence à part entière à maîtriser. Et c’est en maîtrisant un par un ces enseignements spécifiques que vous allez petit à petit développer la “grande” compétence de la motivation. C’est comme un puzzle : vous devez assembler une par une toutes les pièces pour réussir à obtenir le résultat final.

Le problème, c’est que beaucoup de débutants réalisent très peu leurs incompétences vis à vis de ces enseignements spécifiques…

Leur enthousiasme les pousse à penser qu’ils maîtrisent tout suite à leur première lecture, alors que ce n’est pas du tout le cas.

De votre côté, ne faites pas cette erreur. Il est impossible d’atteindre un niveau de maîtrise avec cet état d’esprit.

C’est ce dont je vous parlais dans le dernier article : vous ne savez pas ce que vous ne savez pas. Vous n’avez pas connaissance de toutes les compétences qu’il vous manque…

Et tant que vous ne ferez pas l’effort de concentrer volontairement votre attention sur vos zones d’incompétences pour en prendre conscience, vous ne pourrez pas travailler dessus.

Vous vous dites peut-être : “Oui c’est bon j’ai compris maintenant, tu l’as déjà dit dans le dernier article : il faut se mettre dans posture de l’apprenti qui a l’esprit ouvert aux choses qu’il doit apprendre, tu répètes juste la même chose différemment…”

Mais si vous vous faites cette remarque, ça montre que vous n’avez pas encore bien intégré ce dont je vous parle ici, et c’est sans doute vous qui avez le plus besoin que je le répète.

Au moment où vous lisez ces lignes, vous êtes encore au tout début de votre apprentissage. Ce dont je vous parle ici, vous ne le maîtrisez pas du tout, et vous devez avoir la lucidité de vous en rendre compte… Sinon, vous resterez bloqué à cette phase d’ignorance en étant persuadé de maîtriser ces enseignements (alors que ce n’est pas le cas).

À partir du moment où êtes persuadé d’“avoir compris” ou de “maîtriser” quelque chose, vous redevenez inconscient de votre incompétence, et vous ne pouvez plus rien apprendre.

Vous devez prendre l’habitude vous comporter comme un sportif de haut niveau qui va toujours se concentrer sur les choses qu’il peut améliorer, indépendamment de son niveau.

Lorsque vous êtes persuadé d’avoir tout compris d’un enseignement, demandez-vous :

  • Combien de fois l’ai-je lu pour être persuadé de l’avoir compris ?
  • Est-ce que je le mets déjà en pratique concrètement dans ma vie ?
  • Si oui, est-ce que je le mets en pratique régulièrement ?
  • Si oui, est-ce qu’il y a des contextes dans lesquels je pourrais le mettre encore davantage en pratique ?

En réalité, vous n’atteindrez jamais un niveau de maîtrise parfait. Il y aura toujours des zones d’incompétence sur lesquelles vous pourrez travailler, et vous devrez vous concentrer dessus pour progresser. C’est de cette manière qu’on atteint la maîtrise dans un domaine.

Cet exercice n’est pas facile, puisqu’il vous demande de vous remettre en question et d’accepter que vous soyez incompétent sur certains points. Et accepter qu’on soit incompétent, ce n’est pas quelque chose d’agréable… Ça vous demande de mettre votre ego de côté. Mais c’est la première étape du changement.

Et en franchissant cette première étape, votre apprentissage sera par la suite beaucoup plus rapide et facile.

Vous pourrez alors passer à la phase 3 du processus :

3 – La compétence consciente

Pour bien que vous compreniez cette phase, commençons par un exemple. C’est plus parlant.

Imaginons que vous soyez en soirée avec des amis. Vous êtes assis sur votre chaise et vous voyez un de vos amis faire un mouvement de danse. À ce moment, vous vous dites “Facile, je suis sûr que je sais le faire aussi !”. Vous êtes à la phase 1 : vous ne vous rendez pas compte que vous ne savez pas le faire.

Puis vous vous levez, et vous essayez de faire le mouvement… Et c’est là que vous réalisez que vous ne savez pas le faire. Vous prenez conscience de votre incompétence. Vous arrivez à la phase 2.

Jusqu’ici, rien de nouveau. Ce sont les deux premières phases qu’on vient de voir.

Maintenant, la question que vous vous posez sans doute est : “Une fois arrivé à ce stade, comment est-ce je fais pour passer à la 3 ème phase du processus ?”

Et bien c’est très simple : vous demandez à votre ami de vous apprendre à faire son mouvement.

Il vous explique étape par étape la façon dont il le fait, et de votre côté, vous l’écoutez attentivement.

Vous comprenez alors techniquement comment réaliser la compétence. C’est là que vous atteignez cette phase 3.

Pourquoi parle-t-on de “compétence consciente” ? Tout simplement parce que vous savez désormais mentalement comment faire le mouvement. Vous avez conscientisé ce qu’il faut faire.

Mais cette connaissance mentale ne veut pas dire que vous le maîtrisez dans la pratique…

Lorsque vous essayez de mettre en application les explications de votre ami, vous avez encore beaucoup de mal : vous devez vous concentrer pour le faire, le mouvement n’est pas encore naturel pour vous, et vous avez l’impression de ne pas y arriver malgré vos efforts et votre bonne volonté…

Pourtant, en théorie, ça semblait facile… Mais en pratique, c’est une tout autre histoire.

La compétence consciente, c’est donc quand vous savez ce qu’il faut faire consciemment, mais que vous n’avez pas encore développé les automatismes nécessaires pour y arriver naturellement, sans y penser.

Je vais vous donner quelques exemples pour que vous compreniez bien cette phase.

Exemples

Vous vous rappelez sans doute de ce moment où vous appreniez à faire vos lacets quand vous étiez petit.

Même si vous saviez mentalement comment il fallait faire, dans la pratique, c’était une tout autre histoire… Vous n’aviez pas encore les automatismes mis en place. Et vous avez dû vous entraîner, encore et encore, avant d’y arriver naturellement.

Si vous avez passé votre permis de conduire, vous vous souvenez certainement de vos premières séances de conduite : vous deviez penser à tout, parce que vous n’aviez encore aucun réflexe installé.

Il vous fallait une concentration de tous les instants pour ne rien oublier : les pédales, le volant, les vitesses, les limitations, les rétros, le clignotant, les autres personnes sur la route… Une horreur !

Et c’est pourquoi le moniteur vous a fait y aller progressivement : dans un premier temps, vous aviez juste le volant, puis ensuite le volant et les pédales, puis le volant et les pédales et les vitesses… Et ainsi de suite. S’il vous avait tout donné d’un coup, votre cerveau aurait eu trop de nouvelles informations à traiter en même temps, et vous auriez été débordé. La partie consciente de votre cerveau ne peut traiter qu’un certain nombre d’informations à la fois.

Si vous faites un sport en club, c’est quelque chose auquel vous devez être habitué aussi.

Lorsque votre entraîneur vous explique comment faire un nouveau mouvement, au début vous passez toujours par cette phase de compétence consciente. Vous comprenez mentalement les explications de votre coach… Mais ce n’est pas pour autant qu’en pratique, vous les maîtrisez. Vous devez ensuite répéter encore et encore le mouvement pour développer des automatismes.

Et d’une manière plus générale, cette phase de compétence consciente, vous y êtes passé pour tous les domaines que vous maîtrisez aujourd’hui : marcher, parler, écrire (rappelez-vous la galère au CP), lire, vous brosser les dents, vous habiller, écrire sur un clavier d’ordinateur, et ainsi de suite…

Pour chacune de ces compétences, vous avez traversé une phase où vous ne la maîtrisiez pas encore, et vous avez dû l’apprendre consciemment.

Pourquoi cette phase est-elle importante ?

Parce qu’ici, vous construisez le fondement sur lequel va s’appuyer votre compétence par la suite. Vous développer le savoir théorique qu’il vous faut pour ensuite développer les bons automatismes.

Mais dans beaucoup de domaines, les gens ont tendance à négliger cette phase…

Par exemple, dans les arts martiaux, c’est une erreur commune chez les débutants : ils sont trop impatients et négligent les instructions de leur professeur, et répètent des centaines de fois un mouvement qui n’est pas le bon. En croyant s’entraîner, ils développent en réalité de mauvaises habitudes qui seront très difficiles à changer par la suite.

Il ne sert à rien de foncer tête baissée pour monter sur une échelle, si vous ne vous êtes pas assuré au préalable que cette échelle est placée sur le bon mur.

C’est pourquoi il est essentiel d’apprendre les bonnes informations dans un premier temps. Ça vous permettra de placer votre échelle sur le bon mur, ou autrement dit de développer votre compétence sur de bonnes fondations.

Et c’est justement le but de cette série : vous partager les bonnes informations, pour que vous puissiez développer correctement votre compétence et apporter les changements que vous désirez à votre vie.

De votre côté, vous devez donc d’abord prendre le temps d’assimiler correctement ces enseignements, pour acquérir cette compétence consciente. Et par “assimiler correctement ces enseignements”, je ne vous parle pas ici de lire une seule fois cette série d’articles puis la mettre de côté. Je vous parle ici de la relire, encore et encore, jusqu’à la maîtriser par cœur. Relisez-là 5, 10, 20, 50 fois s’il le faut ! Vous devez connaître sur le bout des doigts ces informations.

C’est de cette manière que vous acquerrez une excellente compétence consciente.

Pourquoi est-ce qu’il faut relire plusieurs fois les informations ?

Il vous est certainement déjà arrivé de lire un livre sur un sujet, et quelques mois ou années plus tard, de le relire une seconde fois.

Que s’était-il passé lors de votre seconde lecture ?

Vous aviez l’impression de lire un nouveau livre ! Vous découvriez plein de nouvelles informations sur lesquelles vous n’aviez pas porté d’attention la première fois…

Quand on lit quelque chose une fois, on ne retient pas tout.

Suite à votre première lecture de cette série, vous allez sans doute oublier plus de 90% des informations que vous aurez lues. Vous ne retiendrez qu’un petit nombre d’informations.

Et si vous vous limitez qu’à une seule lecture, vous passerez à côté de beaucoup d’enseignements. Autrement dit, votre compétence consciente sera incomplète. Vos actions seront donc basées sur de mauvaises fondations, et vous serez comme le débutant d’arts martiaux qui n’a pas pris le temps d’apprendre à réaliser son mouvement correctement, et qui va développer de mauvais réflexes en répétant un geste qui n’est pas le bon.

Relire ces informations plusieurs fois est donc essentiel à cette phase.

À chaque nouvelle lecture, vous serez dans un état d’esprit différent, dans un contexte différent, à un moment différent, et vous ne serez pas marqué par les mêmes passages.

Il serait d’ailleurs intéressant pour vous de relire cette série d’articles à différents stades de votre progression. En évoluant, votre état d’esprit changera. Votre façon de voir les choses ne sera plus la même. Et si vous revenez lire cette série dans 3 mois par exemple, vous intégrerez ces informations d’une manière différente comparée à aujourd’hui. Et si vous revenez dans 6 mois, votre façon d’intégrer ces informations sera encore différente. De même dans 1 an. Et ainsi de suite…

Rappelez-vous : le but n’est pas de connaître plein d’informations en surface, mais de maîtriser les quelques “bonnes” informations en profondeur.

Il vaut mieux maîtriser un seul principe et atteindre un très haut de maîtrise dans celui-ci, que de connaître 1 000 principes en surface.

Une fois que vous aurez développé cette compétence consciente, vous pourrez passer à la dernière phase du processus :

4 – La compétence inconsciente.

C’est la phase de maîtrise la plus élevée.

Vous y parvenez en mettant en pratique ce que vous avez appris de manière régulière et disciplinée, jusqu’à en faire un automatisme. À ce stade, vous avez tellement répété votre compétence que vous pouvez la réaliser sans même avoir besoin d’y penser. Tout se fait naturellement. Votre compétence n’est plus “dans votre tête”, mais “dans votre corps”. D’où le terme de compétenceinconsciente.

Par exemple, si votre avez votre permis de conduire depuis un certain temps et que vous avez conduit régulièrement, aujourd’hui vous avez atteint cette phase : vous pouvez conduire sans y penser. C’est devenu comme une seconde nature, tout se fait automatiquement.

Lorsque vous passez les vitesses par exemple, votre bras fait le mouvement, mais votre esprit n’a pas besoin d’être concentré dessus. La tâche ne vous demande plus d’attention. Vous pouvez d’ailleurs même faire autre chose en même temps : parler à la personne à côté de vous, penser à autre chose… Sans que ça ne pose problème. Ce n’est plus la partie consciente de votre cerveau qui agit, mais la partie inconsciente.

Il vous est d’ailleurs sans doute déjà arrivé cette situation où vous prenez la route, puis vous parlez avec la personne à côté de vous et tout à coup… vous réalisez que vous êtes arrivé à destination ! Vous avez fait tout votre trajet sans même vous en rendre compte. C’est vos automatismes qui ont agi, pendant que la partie consciente de votre cerveau était concentrée sur autre chose.

Lorsque vous êtes arrivé à ce stade, vous avez un grand niveau de maîtrise de votre compétence.

Et ce niveau de maîtrise, vous l’avez déjà atteint sans même vous en rendre compte pour bon nombre d’habitudes du quotidien, à commencer par celles que je vous ai citées précédemment : parler, marcher, écrire, lire, vous laver les dents, faire vos lacets…

Même si ces habitudes vous semblent banales aujourd’hui, vous avez répété chacune d’elles suffisamment de fois pour pouvoir la faire inconsciemment, sans avoir besoin d’y penser.

Pourquoi est-ce que vous devez chercher à atteindre cette phase avec la motivation ?

Parce que la partie inconsciente de votre cerveau est beaucoup plus puissante que votre partie consciente.

Elle peut traiter beaucoup plus d’informations en même temps.

Selon des chiffres que j’ai trouvés sur internet, notre partie consciente ne peut traiter au maximum que 2 000 bits d’informations par seconde. C’est ce qui fait par exemple que vous ne pouvez pas écouter 2 personnes parler en même temps. Votre cerveau conscient atteint sa limite de capacité de traitement.

En revanche, notre partie inconsciente peut traiter jusqu’à 400 000 000 000 (400 milliards) de bits par seconde. C’est 200 millions de fois plus !

(Je précise que je n’ai pas trouvé les études exactes d’où proviennent ces chiffres. À prendre avec des pincettes, donc.)

Mais par du simple bon sens, on réalise aisément que notre partie inconsciente est capable de prouesses que notre partie consciente ne saurait reproduire : c’est par exemple elle qui gère notre pression sanguine, notre respiration, la température de notre corps, le rythme des battements de notre cœur, notre taux d’acidité dans le sang, et des centaines d’autres choses essentielles à votre survie…

Imaginez si vous deviez penser consciemment à faire toutes ces choses en même temps. Ce serait un beau bazar, n’est-ce pas ?

Le nombre d’informations que peut traiter votre partie consciente est très limité, tandis que celui que peut traiter votre partie inconsciente est presque illimité.

Pour atteindre un haut niveau de maîtrise, vous avez donc tout intérêt à développer au maximum votre compétence inconsciente.

Et c’est bien entendu la phase que vous devez viser dans le cadre de cette série. Votre but est d’atteindre ce stade 4 avec votre motivation. Vous devez en faire un automatisme, un réflexe. Elle doit devenir votre nouvel état de base au quotidien, presque une seconde nature.

Lorsque vous aurez atteint ce stade, vous pourrez vous lever le matin, et être naturellement motivé. Ce sera votre état par défaut, sans que vous n’ayez rien à faire.

Mais pour cela, il n’y a pas de secret : Vous y parviendrez par la pratique. L’entraînement. La répétition. Encore et encore…

C’est de cette manière que vous allez développer les automatismes qu’il vous faut.

Je vais vous donner un exemple personnel, pour bien que vous compreniez.

Exemple personnel

Lorsque je suis arrivé en terminale au lycée, j’ai compris que tout mon avenir se jouait en une année (du moins c’est l’impression que j’en avais à l’époque) et je me suis fixé l’objectif de rentrer en prépa maths. Pour ceux qui ne connaissent pas, ce sont des études scientifiques poussées pour ensuite intégrer une école d’ingénieur.

Et pour y parvenir, il fallait donc que je travaille les maths (logique).

Le concours d’entrée à l’école que je voulais était très exigeant, et le seul moyen d’y arriver était de développer de bons automatismes.

À cette époque, je n’avais aucune idée des 4 phases du développement de compétences dont je vous parle ici. Je voulais juste avoir mon concours.

J’ai donc commencé à faire des exercices, encore et encore. Beaucoup plus que ce que le prof nous demandait en cours…

Au début, j’avais juste la compétence consciente : je connaissais les cours… Mais je ne savais pas comment les appliquer dans les cas pratiques.

J’avais beaucoup de mal à faire les exercices. Ça me demandait beaucoup d’efforts, de réflexion, et j’étais régulièrement bloqué… Je prenais peu de plaisir à la tache.

Mais j’ai pratiqué, encore et encore…

Il m’arrivait parfois de faire 40 ou 50 exercices pour appliquer un même théorème.

Pourquoi ?

Tout simplement parce que mon but n’était pas de simplement connaître les cours, mais de développer les bons réflexes, pour que le jour du concours je n’ai même plus à réfléchir pour trouver les réponses. Il fallait que j’automatise ma compétence.

Et par des heures de répétition, j’ai petit à petit développé les automatismes qu’il me fallait.

À chaque nouvel exercice, je construisais un peu plus ma compétence. C’était un entraînement quotidien.

Et après quelques mois de pratique intensive, je suis passé premier de ma classe en maths (alors que je partais de loin), et presque tous les exercices qui me paraissaient difficiles auparavant étaient devenus faciles.

Finalement, ça m’a permis d’intégrer cette école que je voulais (que j’ai finalement arrêtée par la suite, pour me lancer dans une autre voie qui me correspondait mieux…), et j’ai pu finir l’épreuve de maths du bac qui durait normalement quatre heures, en seulement une heure. Pourquoi ? Tout simplement parce que j’avais tellement développé mes réflexes qu’à l’instant où je lisais l’énoncé d’un exercice, je savais automatiquement tout le raisonnement que je devais faire pour le résoudre. Je n’avais pas besoin de réfléchir, tout se faisait inconsciemment. J’avais même la sensation que mon stylo n’écrivait pas assez vite par rapport à la vitesse à laquelle se faisait le raisonnement dans mon esprit !

Pourquoi est-ce que je vous raconte cette histoire ?

Pas pour que vous ayez les yeux ébahis devant mes prouesses en maths (j’ai d’ailleurs surement déjà tout perdu depuis le temps), mais tout simplement parce que…

De votre côté, vous allez devoir faire exactement la même chose avec les enseignements de cette série.

Vous allez devoir les pratiquer, encore et encore, pour développer de nouveaux automatismes.

Apprendre la théorie ne suffira pas. Vous devrez aussi et surtout la mettre en pratique. Et pas seulement une fois, mais régulièrement… Exactement comme je l’ai fait avec les maths. C’est la seule manière d’atteindre cette compétence inconsciente.

Et si vous pensez que cette pratique régulière est difficile, vous avez raison. Ce n’est pas toujours facile.

C’est la différence entre quelqu’un qui fait cette démarche en loisir, et quelqu’un qui fait cette démarche pour atteindre un haut niveau de maîtrise.

La personne qui est fait cette démarche en loisir s’entraîne uniquement quand elle en a envie.

La personne qui fait cette démarche pour atteindre un haut niveau de maîtrise s’entraîne tous les jours, indépendamment de ses états d’âme.

Et c’est à vous de savoir quel niveau vous souhaitez atteindre avec votre compétence. C’est un choix personnel à faire, et personne ne peut le faire à votre place.

Personnellement, je vous encourage évidemment à atteindre le plus haut niveau de maîtrise possible, parce que je sais que le simple fait de VRAIMENT (et j’insiste sur le mot “VRAIMENT” parce qu’il est important) développer votre motivation a le pouvoir de changer l’entièreté de votre vie. C’est l’élément clé qui débloque le passage à l’action, et le passage à l’action est l’élément clé qui vous permettra de réussir dans tous les projets et futurs projets qui vous tiennent à cœur, quels qu’ils soient. On en a déjà parlé plus en détail dans l’article 2 de la série.

Mais au bout du compte, je ne peux pas vous forcer à faire les choses. Vous êtes libre de faire ce que vous voulez.

Et je l’ai dit dès le début : cette démarche n’est pas faite pour tout le monde.

C’est donc à vous de faire votre choix.

Mais si vous faites le choix d’être sérieux dans votre démarche et d’atteindre un haut niveau de maîtrise, faites-le à fond. Mettez en pratique ce que vous apprenez de manière régulière et disciplinée jusqu’à atteindre la compétence inconsciente. Ne vous arrêtez pas avant.

Comme je vous le disais dans l’article précédent, n’hésitez pas à revenir régulièrement sur les raisons pour lesquelles vous souhaitez développer votre motivation. C’est ce qui va vous permettre de rester pleinement engagé dans votre démarche.

Conclusion

Cet article touche à sa fin. Vous venez de découvrir comment atteindre un haut niveau de maîtrise en termes de motivation grâce à ces 4 phases. Si vous suivez minutieusement ces étapes, il n’y a aucune raison pour que vous n’y arriviez pas.

À ce stade vous êtes déjà au minimum au stade 2 (puisque comme je vous je disais, vous avez déjà pris conscience que vous devriez développer votre motivation). En apprenant les informations de cette série vous arriverez au stade 3, et en les mettant en pratique régulièrement vous allez petit à petit arriver au stade 4.

N’hésitez pas à relire cet article pour bien comprendre comment passer d’une phase à l’autre.

Vous devez connaître par cœur ces 4 phases, et surtout vous devez savoir à tout moment à quelle phase du processus vous êtes pour savoir ce que vous devez faire pour passer au niveau suivant.

Dans le prochain article, nous allons voir le 4 ème et dernier fondamental.

Même si ce processus de maîtrise des fondamentaux peut vous paraître un peu long, soyez patient : faites les choses dans l’ordre, et prenez le temps de construire de solides fondations.

Ces fondamentaux ne sont pas une simple préparation aux enseignements qui vous seront partagés par la suite…

Ils font partie des enseignements en eux-mêmes. Et comme tout le reste, vous devez les maîtriser.

Je vais finir en vous laissant un petit exercice très simple pour vérifier si vous avez bien compris ce que nous avons vu dans cet article :

Exercice

Voici une citation d’Einstein : “La théorie, c’est quand on sait tout et que rien ne fonctionne. La pratique, c’est quand tout fonctionne et que personne ne sait pourquoi.”

La première phrase résume bien une des 4 étapes du processus que je vous ai présenté ici. La deuxième phrase résume bien une autre des 4 étapes.

Dites-moi en commentaires à quelle étape correspond selon-vous chacune de ces 2 phrases.

C’est tout pour aujourd’hui, pour être averti lorsque les prochains articles sont publiés, laissez-moi simplement votre mail dans le formulaire ci-dessous. Je vous enverrai un petit mail pour vous avertir 😉

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